Les vacances des lutines chroniqueuses - Partie 2
Par Anthea le lundi 1 décembre 2025, 17:49 - Gryff'Time n°131 - Lien permanent

Les cinq sorcières-lutines, Anthéa, Mily, Jane, Aglaea et Blondie, ont interrompu leurs vacances pour venir aider le Père Noël à retrouver son traîneau disparu. Après un trajet chaotique dans un traîneau de secours, elles sont arrivées dans un hall en pleine effervescence, avec des rennes paniqués et des lutins débordés. En explorant les environs, elles ont découvert de minuscules empreintes brillantes, d’une magie étrangère.
Un premier indice était un bon pas, et le premier que nos chères enquetrices du jour avait fait depuis leur arrivée au village du Père Noel. Sur le sol, juste devant le bâtiment, une série de petites empreintes brillantes serpentait dans la neige. Elles formaient un chemin irrégulier, comme tracé par une créature pressée ou hésitante. Rien à voir avec les sabots massifs des rennes ni avec les pas légers des lutins du village. Ces marques-là étaient rondes, minuscules, et diffusaient une pâle lueur qui rendait leur présence presque irréelle, comme si la neige se souvenait de la silhouette qui les avait laissées.
Les empreintes se faufilaient entre les sapins, dessinant un chemin sinueux dans la neige fraîche. Elles semblaient s’étirer et se rétrécir, comme si leur créateur oscillait entre rapidité et hésitation. Mily s’accroupit pour les observer de plus près.
« Elles s’arrêtent parfois, puis repartent… C’est comme si quelqu’un avançait par à-coups, » murmura-t-elle.
Aglaea s’agenouilla pour examiner le sol. « L’empreinte la plus récente est encore chaude. On n’est pas loin derrière. »
Les cinq sorcières échangèrent un regard silencieux, puis se mirent à avancer dans les bois. La neige amortissait leurs pas, mais le bruissement des branches et le scintillement fugace des traces les accompagnaient comme une promesse. Chaque tournant, chaque arbre semblait leur raconter une partie de l’histoire qu’elles n’avaient pas encore compris.
Après quelques minutes de progression, elles arrivèrent près d’un petit ruisseau gelé. Les empreintes s’arrêtèrent brusquement sur la berge, comme si le passage était devenu trop étroit pour leur créateur. Blondie pencha la tête, intriguée.
« La magie… elle s’affaiblit là, » dit-elle. « Quelque chose doit bloquer ou absorber sa puissance. »
Jane, carnet à la main, nota rapidement : indice : interruption de la magie = objet ou présence puissante à proximité. Elle leva les yeux vers ses amies.
« On dirait que le chemin continue ailleurs. Il faut trouver comment franchir ce ruisseau sans perdre la piste. »
Anthéa observa le courant gelé, puis sourit légèrement.
« On a qu'à suivre les ruptures sur la glace. On dirait qu'un truc a essayé de s'envoyer. Regardez. »
Elles s’avancèrent sur la glace, prudentes, laissant leurs yeux guider leurs pas autant que leurs instincts. Les filles virent rapidement ce qu'Anthéa évoquait : de fines fissures qui se courbaient comme des arcs argentés sur la surface gelée, scintillant toujours faiblement à la lumière diffuse de la forêt. Chaque rupture semblait avoir été tracée par quelque chose de lourd.
Mily s’accroupit pour examiner de plus près.
« On dirait que quelqu’un a rebondi d’un côté à l’autre… ou qu’un objet a été posé puis déplacé à plusieurs reprises. Si on suit cette logique, le prochain rebond devrait nous guider vers le lieu où la magie est plus récente et ainsi de suite. Il suffit qu'on continue tout droit et qu'on surveille. »
Blondie pointa du doigt une marque un peu plus large.
« Et là, regardez… on dirait qu’une patte — ou un pied, enfin, quelque chose d’assez lourd — a glissé avant de reprendre appui. »
« Le traîneau ? Une partie du traîneau ? Ou… quelqu’un qui essaye de cacher quelque chose. »
Elles échangèrent un regard. C’était plausible. Et inquiétant. Qui voulait bien voler le traineau du Père Noel ? Car il s'agissait clairement d'un vol. Mais le gros bonhomme rouge était aimé, il était attendu toute l'année.
Non ?
Les fissures continuaient en ligne brisée jusqu’à la rive opposée, où la glace se faisait plus claire, plus épaisse. Les filles traversèrent, une à une, testant le sol du bout du pied. Une fois de l’autre côté, le motif changeait : les ruptures se transformaient en petites tranchées dans la neige, comme si quelque chose lourd avait été traîné pendant plusieurs mètres.
Aglaea posa sa main au-dessus d’une de ces marques.
« C’est récent. Très récent. Peut-être une heure ou deux. »
« Et ça vient du hangar des rennes, » souffla Blondie en montrant les sapins tassés derrière eux.
Mily déglutit. « Quelqu’un savait exactement ce qu'il faisait. »
Blondie pâlit presque. « Pas un renne ? »
Les quatre autres se tournèrent vers elle, surprises, mais aucune ne rit. C’était une hypothèse. Et une hypothèse terrifiante : si l’un d’eux avait bougé le traîneau, quelles raisons aurait-il eues ?
Mily inspira profondément. « On ne sait rien encore. On suit la piste, c’est tout. Pas de conclusions hâtives. »
Les marques continuaient vers une zone plus dense de la forêt, là où les branches formaient une arche naturelle et où la neige semblait plus tassée, signe qu’on y était passé plusieurs fois.
Les filles resserrèrent instinctivement leurs manteaux en s’enfonçant sous l’arche de branches. Ici, l’air paraissait plus lourd, la neige n’était plus lisse : elle était labourée, affaissée, comme si quelqu’un avait fait les cent pas en hésitant, en revenant sur ses traces, puis en repartant brusquement. Les traces se divisaient soudain en deux chemins : une série de petites marques brillantes qui bifurquaient à gauche, et un second groupe d’empreintes, plus larges mais très effacées, qui s’enfonçait droit devant. Comme si deux trajectoires avaient été empruntées dans la panique.
Jane suivit la ligne des empreintes effacées, observant comment elles s’enfonçaient plus profondément par endroits, comme si celui qui les avait laissées s’était arrêté, avait tourné la tête, hésité, puis…
« Elles reviennent sur leurs pas, » dit-elle soudain.
Les quatre autres levèrent les yeux vers elle.
« Regardez : les empreintes ne s’enfoncent pas plus loin dans la forêt. Elles reviennent. Elles font une boucle… et elles repartent...
…au hangar des rennes, » conclut Aglaea, la voix tendue.


Commentaires
Mmmh, si quelqu'un m'avait dit que les rennes étaient impliqués dans un coup fourré, je n'y aurais pas cru. Pas toi Rudolphe.... En tout cas hâte de lire la suite de vos aventures et de retrouver le traîneau du Père Noël !!
J’aime bien me lire en train de détectiver… ça me fait paraître plus intelligente que je ne le suis vraiment quand je résous des mystères à vos côtés (aa) Hâte de lire la partie 3 !!! J'aime trop ton imagination mv