
Le
journal de Paloma Blase.
Aujourd'hui,
c'est le jour de la Galette. Paloma se plaint – encore – car
aucune des parts qu'elle a émietté ne contenait de fève.
Fruit du
hasard ? Jeu de malchance ? Ou conspiration ?
Palo' la
parano se fait un devoir de lever le secret.
…
Mais
d'abord : complainte.
Cher
Journal,
Aujourd'hui
encore, la soixantaine de parts que j'ai salement éventrées afin de
savoir si, oui ou non, elles étaient dignes de moi – autrement
dit : pour savoir si elles contenaient la fève convoitée –
se sont révélées dénuées de tout intérêt.
Je te
jure... pas une seule ne m'offrait l'occasion d'être couronnée.
Alors voilà : que faire ? Je te le demande !
Ça
fait deux ans que je veux à tout prix recevoir cette couronne –
toi même tu sais, j'aime m'imposer des challenges – et deux ans
que j'échoue.
Pourquoi
c'est si compliqué d'être couronnée ?
On m'a
dit que le fait de prendre une fourchette et de la planter à grands
coups dans la tarte n'était pas une solution pour avoir la fève....
Honnêtement, je vois pas en quoi ça gêne. Surtout que,
techniquement, c'était pas pour l'avoir mais pour vérifier si elle
se trouvait dans le morceau que je choisissais.
Donc
entre le fait de planter une fourchette et avoir la couronne, y a pas
de lien.
Ensuite,
on m'a dit que les fèves à Poudlard12 étaient ensorcelées et
qu'elles pouvaient se mouvoir à l'intérieur du gâteau. Échappant
très probablement ainsi à mes coups de couverts.
...
Moi j'y
croyais moyen.
Du coup
j'ai recueilli un troisième avis, et la personne en question m'a
conseillé d'aller voir un vieux sage dans la montagne, qui
répondrait à toutes mes questions existentielles ou d'aller faire
un tour dans le lac noir et de, si possible, ne jamais remonter à la
surface.
…
Le truc,
c'est que j'ai pas de sage à portée de main et qu'il fait trop
froid pour se baigner, du coup j'ai exploré la piste des figurines
ensorcelées, à défaut de mieux.
Je
suis donc descendue dans les cuisines et j'ai demandé à un elfe de
m'expliquer la subtilité de la conception d'une galette magique. Et
là BAM ! L'infâme m'a envoyée
paître !
A
cela, je dis – je hurle, même :
SCAN.
DA. LEUX !
Je
ne suis pas violente, mais là je lui aurais très volontiers cassé
les dents.
Bon
du coup je lui ai dit que puisqu'il le prenait comme ça, j'irais
voir Lust pour lui demander de le pendre par les pieds, et il s'est
excusé de son impolitesse.
D'un
autre côté, j'ai envie de dire... normal. C'est pas demain la
veille qu'une créature inférieure me manquera de respect.
Mais
là n'est pas la question. A ce stade de mon investigation, je ne
savais toujours pas pourquoi c'est si compliqué d'être couronnée
ici, à Poudlard12 !
Donc
j'ai continué à fureter dans les couloirs, et là BOUM !
(Alors
oui mais non, ce n'est pas une onomatopée pour exprimer l'idée
d'explosion, mais plutôt une façon détournée de dire que je me
suis cassé la gueule sur une peau de banane. Ceci étant dit, je
reprends mon récit.)
Je
me suis relevée, et PAF ! Quelle ne fut pas ma surprise quand je me
suis rendue compte que Peter Turnway et Elissa Seviev, tous deux
portant un énoooorme sac avec difficulté, tournaient le coin du
couloir.
Essence
même de l'altruisme et de la générosité, je me suis dirigée vers
eux et leur ai proposé un coup de main.
…
qu'ils ont décliné avec véhémence.
Suspect,
que j'ai envie de dire ! Surtout qu'ils galéraient ferme et que
je les aurais bien aidés.
Et
puis... tout s'est passé très vite. Peter a lâché son extrémité
du sac, exténué. Une rivière de fèves s'est alors écoulée à
ses pieds. Du coup, Elissa m'a lancé un coup d'oeil paniqué, et a
dit :
« C'est
pas ce que tu crois, Paloma ! »
Moi,
comme je suis fan des sitcoms moldues, et que je rêvais qu'on me
dise ça, j'ai répondu cette phrase toute faite absolument
terrible :
« Ah
bon, et qu'est-ce que je crois ? »
Je
constate juste, moi, madame. Je constate juste.
La
préfète a viré rouge pivoine, et m'a filé une retenue avant de
prendre ses jambes à son cou en embarquant Peter sous le bras.
…
Là
je dois avouer que j'ai rien compris à ma vie.
Article rédigé par Amélia et illustré par Edward.