Le 6 décembre et la Saint-Nicolas
Par Blondie le lundi 1 décembre 2025, 17:54 - Gryff'Time n°131 - Lien permanent

Connaissez-vous l’histoire d’un monsieur tout de rouge vêtu, que l’on aperçoit en décembre et qui apporte des cadeaux aux enfants ? Vous me direz sans doute que oui, car tout le monde connaît le Père-Noël. Mais c’est d’une tout autre personne que je vais vous parler aujourd’hui.
Le 6 décembre et, plus particulièrement en Lorraine, dans le nord-est de la France, est une date significative pour les adeptes de la fête de St-Nicolas, saint patron de la Lorraine et des écoliers. « Saint Nicolas mon bon patron, apporte moi des macarons », peut-être cette phrase vous dit-elle quelque chose ? Si oui tant mieux, vous faites partie des gens qu’il est acceptable de côtoyer et, dans le cas contraire, il va falloir vous faire un petit apprentissage.
Tout remonte à une période assez lointaine, en réalité. Cette fête s’inspire de deux évêques, dont les deux personnalités ont été confondues avec le temps, ne donnant plus lieu qu’à une seule légende. Le premier est Nicolas de Bari, l’évêque de Myre, d’origine greacque. Le second est un évêque lorrain, Nicolas de Sion, originaire de cette même région lorraine. Mais comment a-t-on pu en arriver à confondre les deux ?
L’histoire veut qu’au Xe siècle, une phalange (un morceau de doigt, si vous préférez) a été transférée depuis Bari jusqu’au duché de Lorraine, où il fut édifié non loin de Nancy une grande basilique dédiée à Saint-Nicolas, dans la ville qui porte désormais son nom : Saint-Nicolas de Port. C’est donc dans ce bassin qu’est née la légende de Saint-Nicolas, se répandant par-delà les frontières de la Lorraine pour exister en Alsace, en Allemagne, en Belgique ou encore dans quelques autres pays d’Europe. Depuis le XVe siècle, il est officiellement le saint patron de la Lorraine.
A l’origine de cette tradition, c’est une histoire que l’on raconte encore aujourd’hui aux enfants, afin de les inciter à devenir sage. Au moment de l’hiver, trois enfants qui étaient partis glaner dans les champs se sont perdus en chemin, finissant par aller frapper chez le boucher pour obtenir un abri et de quoi manger. Mais sitôt entrés, les enfant sont tués par le boucher qui les découpe ensuite en petits morceaux avant de les mettre dans son saloir pour les transformer en petit salé. Saint-Nicolas, qui vint à passer par là un jour, est également accueilli par le boucher, qui lui sert à manger du petit salé. Mais il comprend rapidement ce que le boucher a fait et ressuscite les trois enfants. Il punit ensuite le boucher, qu’il enchaîne à son âne afin de le garder près de lui. Ce dernier devient le Père Fouettard, un homme mauvais qui ne manque pas de réprimander les enfants qui ne sont pas sages en leur donnant des coups de bâton.
Cette légende veut aujourd’hui que dans la nuit du 5 au 6 décembre, Saint-Nicolas passe de maison en maison afin d’apporter aux enfants sages des friandises et des bonnes choses à manger, telles que des bonbons, du chocolat, du pain d’épices ou encore des oranges. Il est toujours accompagné de son âne, pour qui les enfants préparent la veille au soir de quoi manger et boire, la plupart du temps de la paille, quelques carottes et un peu d’eau. Il est bien souvent également accompagné du Père Fouettard (et qui a traumatisé de nombreux enfants dans les écoles), connu pour distribuer des coups de bâton aux enfants désobéissants. C’est de là que vient son appellation de saint patron des écoliers.
Cette date est donc l’occasion d’offrir des présents aux enfants ainsi que des friandises. On le célèbre aussi dans les écoles maternelles et primaires, dans lesquelles Saint-Nicolas passe dans les classes, accompagné du Père Fouettard et parfois d’un âne. Dans les villes qui fêtent la Saint-Nicolas, c’est surtout l’occasion d’aller admirer un beau défilé et un feu d’artifice.
Alors en cette date du 6 décembre, j’espère que vous avez tous été sages, prêts à recevoir les cadeaux de Saint-Nicolas et non un coup de bâton de la part du Père Fouettard.
Pour celles et ceux qui ont envie d’écouter l’histoire en chanson, c’est par ici :
Et pour la référence des macarons, c’est par ici que ça s’écoute :


Commentaires
C'est trop chouette de découvrir ces anecdotes sur le nord-est de la France et particulièrement sur le fait que Saint-Nicolas se soit exporté petit à petit à l'international. Par contre, un peu glauque la version des enfants découpés en petit morceaux, je me souviens pas de cette version ci quand j'étais enfant. Quoique la note de sel change tout évidemment (a) Merci pour ces jolies histoires sur les traditions de Noël et sur l'existence de ces chouettes personnages.
Je l'avoue : je suis le père fouettard. Cachez-vous. J'ai des coups de bâton à distribuer...
Merci pour ce retour historique, Skins ! *-*
En tant que belge, c'est bien sûr une tradition que je connais bien et que je perpétue moi-même encore haha Tout est bon pour manger quelques sucreries supplémentaires (a)
J'espère que les enfants de Gryffondor ont toutes et tous été très sages cette année... Surtout avec Mily Fouettard dans les parages !