The Last One
Par Emy le vendredi 19 septembre 2014, 20:04 - Gryff'Time n°21 - Lien permanent

Cet été, au détour des couloirs, certains élèves ne sont pas allés en cours. D'autres ont fait le long voyage jusqu'à Poudlard12. D'autres encore ont campé la tour d'Astronomie, devenant SDF - Sans Dortoirs Fixes, l'équivalent d'un sans-maison qui cherche un endroit où passer la nuit, et qui trouve agréable le confort et la compagnie des téléscopes. Ou peut-être sont-ce Ellie Berry et Flora Delvos qui réveillent les sens ? Bonne question. Que ce soit de votre dortoir, de la tour d'Astronomie ou même de la Forêt Interdite, vous l'avez peut-être remarqué. En réalité, vous n'avez pas pu le rater. The Last One. Le nom fait trembler, ravive des souvenirs, est énigmatique tout en laissant juste assez d'informations pour se forger une petite idée. The Last One, c'est une animation dans laquelle tous les participants doivent s'entretuer, usant de tous les moyens dont ils disposent pour être le seul survivant, celui dont le nom restera dans les mémoires pendant très longtemps, comme l'a été celui de Corwin Parker il y a deux ans.
Mais cet article ne parlera pas du retour de The Last One, ni même des origines de l'animation, il n'y aura pas d'interview de Clara Badaboum et Molly Moseley, anciennes Préfètes-en-Chef, il n'y aura pas la promotion exceptionnelle de l'animation, il n'y aura pas de débats ou de comparaisons entre les deux éditions. Il n'y aura pas d'hypothèses sur le nom du gagnant. Il y aura une question, une simple question qui bouscule tout une morale et une façon de penser.
Après tout, remémorons-nous le principe même de The Last One. « Tous les participants doivent s'entretuer, usant de tous les moyens dont ils disposent pour être le seul survivant » Dans une époque où où l'on questionne la légitimité de toutes les règles, où elles sont mesurées, calculées et questionnées, comment peut-on donc laisser passer ça ? Mais où sont donc les parents de ces enfants prêts à se jeter dans l'arène, prêts à tuer, prêts à devenir des bêtes pour une simple récompense ? Mais au départ, l'homme n'est-il pas qu'un animal, alors est-ce vraiment inhumain ? Vous avez quatre heures.
Reprenons depuis le début. Lors de la première édition, The Last One était un jeu télévisé organisé par Wizard World Wheeze, une grande chaîne de télévision sorcière. Un jeu télévisé, bien. Dans la deuxième version, Joachim Rosenberg, Ministre de la Magie, venait pour faire la promotion des arènes de The Last One, et cette fois nous n'entendions pas parler de la télévision. Mais les caméras sont bien là, dissimulées sous les herbes de la jungle, cachées derrière un tuyau, accrochées à l'une des branches du Saule Cogneur, noyées dans le Lac Noir, dans l'une des salles du Ministère, à l'ombre de la grotte, et dans les ruines de Poudlard. Et cette animation nous amène à nous poser des questions, qui ont déjà été posées tout récemment. Quand on voit que nous sommes dans une société où on pousse les jeunes - et les vieux, ne négligeons pas Jesse Riders, il râlerait encore plus qu'à l'accoutumée - à redorer le blason de la bestialité, peut-on réellement dire que P12 est une démocratie ? Peut-on réellement dire que le Ministère n'espère pas se débarrasser du surplus de population dont il est victime grâce à The Last One ? Que c'est un moyen de tuer une partie majeure de la population sans être inquiété des retombées sociales et politiques, puisque c'est un jeu télévisé ?
A bon entendeur.
Article d'Emy Denver
Illustration d'Edward Dumbledore.